A propos de rien

Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme

Pas un bruit, pas un son, aucun élément ne se présente à moi dans cette immensité qui m’entoure. En ouvrant les yeux, rien. Il ne fait ni chaud ni froid, je n’ai ni faim ni soif, je n’ai besoin de rien.

Pas de sol, pas de mur, pas de plafond, juste une étendue ou il n’y a rien. Comment expliquer cette sensation, nouvelle pour moi, car en soit, elle ne me procure rien.

Cela fait maintenant un long, très long moment que je vagabonde à travers de dédale désertique, mes pensées deviennent de plus en plus floues.  Mais excepté ma concentration sur ces infimes restes de pensées, que puis-je faire ?  Absolument rien.

Je ne saisis pas si je suis vivant, mort, a la frontière même de ces deux états car ma manifestation physique n’est plus. Mais n’ayant pour seule possibilité de me laisser transporter , je dirais que je ne suis rien.

J’ai comme une vague trace mémorielle qui s'immisce dans ma psychée, est-ce un souvenir, une fulgurance, que sais-je.  De cette pensée nait une réflexion : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Mais comment arriver à ce but si on ne possède rien.

Le temps avance inlassablement, cependant la fin ne se semble toujours pas se profiler à l’horizon , surement car il n’y a rien à voir.

En parlant de vue, comment voir, lorsque autour de nous rien ne se dessine. Mes facultés sensorielles sont comme inactives. Rien à voir, rien à sentir, rien à entendre, rien à toucher, une infinité de rien qui vient combler ce monde vide avec rien.

Tellement de questions qui me viennent, qui-suis-je ? Comment j’en suis arrivé là ? mais surtout comment me sortir de cet espace infiniment vide.

Le temps continue de s’écouler, mais aucune évolution, je serai incapable de définir une temporalité car le temps m’échappe.

Mais maintenant que j’y pense, le mot « rien » ne s’applique en aucun cas à ma situation, je n’ai peut-être plus de forme tangible et je suis dépourvu de sens Mais malgré cette absence d’ancrage physique, , une seule chose persiste encore et toujours, ma pensée.

Si des questionnements se manifestent, cela signifie qu’elles ont une source, une origine, et par conséquent un but. Une origine, une raison, et donc un but

Si j’arrive à mettre des mots sur les choses, c’est que ces choses existent probablement.

Je ne vis donc pas sans rien, je suis bel est bien présent, dans une certaine mesure, ce néant n’en est pas totalement un.

Peut importe la forme que je prends, celle-ci existe.

Je pense donc j’existe, tel est maintenant mon repère dans ce monde. Mes pensées me permettront de recréer dans mon esprit un monde, mon monde.

Je n’ai plus une seule seconde à perdre, il est temps de rendre cet étendu inanimé en un territoire empli de vie.


Lettre à la liberté
Se donner le choix