Etat d'âme

Une âme égaré

8 septembre,

Dans une banlieue sombre, un homme qui d’apparence semble être environs dans la quarantaine, tout vêtu de noir marche avec un rythme où l’on ressent à la fois le calme mais également une tension dans la force de ses pas, tel une cocotte-minute prête à exploser.

Il est 2h du matin, et cet homme traverse les différentes ruelles s’offrant à lui, ruelles à peine éclairées sans jamais s’arrêter et semble éviter tout contact avec chaque personne qu’il rencontre. Il semble à la fois apeuré et attiré par ce qu’il se passe autour de lui.

L’atmosphère qui règne en ces lieux, ou l’on distingue à peine la lumière est lourde, on peut ressentir toute l’horreur et la violence qui règne en ces lieux.  Les ruelles étroites, le silence profond, tous les indices sont là pour tous nous pousser à quitter ces lieux. Tous ? Regardons de plus près, pour s’en assurer.

Quelque chose semble sortir du lot, que dis-je, quelqu’un, cet homme.  Il dégage quelque chose de différent, a peine perceptible mais si on prend le temps d’examiner de plus près il est comme un oiseau en cage qui ne demande qu’à se libérer.  On ressent en lui deux envies très fortes et contradictoire, il montre une envie de fuir immédiatement ce lieu qu’on pourrait qualifier d’enfer, mais en même temps au plus profond de lui, se cache une envie, ou plutôt un besoin vital de participer à toute cette décadence, de laisser ses pulsions les plus malsaines de surgir et de faire qu’un avec ce monde.

Qui est-il réellement ?  On va le savoir très rapidement, asseyez vous confortablement, fermez les yeux, prenez une grande respiration, laisser votre esprit vagabonder hors de votre corps et ne faire qu’un avec son esprit. Préparer vous pour un voyage au cœur même de la noirceur de ce monde.

 

Journal intime du 8 septembre,

Aujourd’hui commence une nouvelle vie pour moi, enfin si on peut appeler cela une vie. J’ai qu’une semaine à tenir, afin d’avoir la chance d’en finir avec toute cette vie d’horreur. Ce n’est qu’une petite semaine, je vais prendre soin de ne rien faire de mal. Ce journal va me permettre de me calmer et d’exprimer toutes ces pulsions que j’ai du mal à gérer.

Il est 8h, selon ses indications j’ai pour obligation de ne pas rester cloitrer chez moi, je dois absolument sortir. De toute façon je n’ai rien, ni amis, ni famille, ni situation, a part sillonner et arpenter ces lieux, je n’ai rien d’autre à faire.  Bon je vais me préparer de toute façon je n’ai ni faim ni soif, ce besoin primaire ne me concerne pas de toute façon. Je prends de quoi m’habiller et je sors.

Il est 9h, ça y’est me voila en ces lieux maudits, je commence amèrement à regretter d’avoir accepté ce pari, enfin accepter est un bien grand mot, je n’ai guère eu le choix de toute façon.

A peine arrivé que je ressens une angoisse profonde, ces lieux me terrifie, tout autour de moi je ne vois qu’horreur, je tourne la tête d’un côté, un braquage, je tourne la tête de l’autre une violente bagarre. Et que dire du bruit, ce brouhaha qui pénètre au plus profond de mon crane, ces cris d’agonie, si on devait décrire l’enfer sur terre on serait très proche du même résultat.

Mais le plus dérangeant n’est pas ces lieux mais ce qu’ils me procurent, je ressens cette envie presque viscérale de participer, mon sang bouillonne, mon cœur palpite, la chaleur se faire ressentir sur la moindre partie de ma peau, mes mains tremblent, j’ai du mal à me retenir comme si mes membres réagissaient d’eux même. Je me force pour les retenir, mais cela me demande une force d’esprit incommensurable. Comment faire ? Même mon esprit me joue des tours, je l’entends au plus profond de moi cette petite voix qui me chuchote au creux de l’oreille « laisse toi aller, lâche prise » mais il est hors de question que je l’écoute, je n’ai pas le droit à l’erreur.

Cela fait à peine 5 minutes que je vagabonde en ces lieux, en essayant d’éviter chaque personne, chaque situation mais pour mon esprit c’est comme si une journée complète s’était passé.  Je ne pensais pas que cela serait si dure de ne pas succomber à la tentation. Mais j’y arriverai, il en va de ma vie elle-même.

Je continue mon chemin quand tout d’un coup dans une impasse au loin je distingue un homme, couteau à la main, prêt à se laisser emporter dans un acte sanguinaire envers une jeune femme. J’essaie de crier pour le faire peur, mais rien ma voix ne sort pas, j’essaie de bouger pour aller à son secours mais mes jambes restent bloquer sur place. Je me retrouve tel une statue à observer ce crime, même fermer les yeux pour éviter cette vision macabre m’est impossible.

D’un seul coup il lui tranche la gorge et s’en dégage une effusion de sang recouvrant la victime, les murs ainsi que le meurtrier. Le regard de la jeune femme, se fige, puis disparait petit à petit pour finalement laisser place au vide complet, son âme avait définitivement quitter son corps pour laisser place à une coquille vide.  Mais le massacre ne s’arrête pas là, a peine au sol, il ne perd pas une seconde et profite de son dernier souffle, il s’accroupit face à son corps, prend une grande respiration et la il l’assène d’une dizaine de coup de sa lame déjà ensanglantée dans la poitrine. Déjà aux bords de la mort, elle agonise dans un silence pesant. Chaque coup qu’elle reçoit semble non plus touché son corps déjà meurtrie, mais directement son âme.

Pendant ce temps celui du meurtrier, lui semble plus puissant et encore plus malsain. S’en dégage de son visage plein de sang une envie d’aller encore plus loin, ce n’était pas suffisant, il réfléchit déjà à sa prochaine victime à comment il pourra la faire souffrir encore plus que la première.

L’espace d’un instant on aurait cru que cette personne n’était plus humaine, mais un démon. Cette vision pourtant horrifique m’a laissé un arrière-gout de plaisir, l’espace d’un instant je me suis vu à sa place, en me demandant comment j’aurai pu procéder… Non faut que je me calme, je dois me retenir.

Avant même que ma réflexion n’arrive à terme un évènement troublant se produit. Cet homme en qui le mal profond se dessinait s’est retrouvé par terre dans ce bain de sang en sanglot. IL était méconnaissable, et alors que son chagrin ne semblait plus s’arrêter, il récupère alors son arme qui était au sol, il la fixe pendant plusieurs secondes, il prend alors une grande respiration, puis d’un coup il se l’enfonce en pleine poitrine, une première fois, une seconde et enfin une dernière fois avant de lâcher le couteau et tomber par terre sans un bruit. Son corps se mit à se vider de son sang, et son regard se mit petit à petit à s’estomper jusqu’à disparaître.

Que s’est -il passé ? avant même que je comprenne ce qui s’est passé sous mes yeux, mon propre corps s’est mis en off. Pris d’un mal de tête, ma respiration devient alors difficile et je m’évanouie alors au sol.

A mon réveil je suis dans ma chambre. Les souvenirs sont encore frais dans ma tête, mais je ne sais pas combien de temps se sont écoulé depuis ma perte de conscience.  Afin de ne rien oublier de cette scène je prends alors mon journal intime et écrire le moindre détail que je m’en souviens.

Une fois ce souvenir atroce retranscrit dans mon journal, je décide alors de sortir prendre l’air. Je ne sais pas si ce que j’ai vu était réel ou pas mais une chose est sure, ces pulsions que j’ai ressenties étaient bien réelles. Je vais devoir redoubler d’effort pour ne pas y succomber.

 

Deuxième journée, enfin j’imagine. Qu’est ce qui va m’attendre aujourd’hui, j’espère ne pas vivre encore une scène aussi macabre.

Comme précédemment je traine dans ce quartier ou grouille le mal, je baisse la tête pour ne rien voir mais une fois encore une scène va captiver mon âme et je ne pourrais plus en détacher le regard.

Non loin de moi, un jeune homme cagoulé et armé d’un pistolet entre dans une bijouterie. On l’entend crier sur le vendeur en lui réclamant toute sa marchandise. Celui-ci ne le laisse pas faire et tient tête à son agresseur, s’en suit une bagarre. Le malfrat pousse alors sa victime contre la vitrine, et lui menace avec son arme pointée sur le visage. Mais le vendeur ne baisse toujours pas son regard, déterminé. Pris d’une colère, l’agresseur le fait tomber avec un coup de pied, une fois au sol, il l’enchaine de coups, poitrine, visage, il tape sans chercher à savoir ou son coup atterrir. Après plusieurs coups il le soulève et le coince de nouveau contre la vitrine et réitère sa demande.  Le vendeur pourtant le visage meurtri continue de tenir tête sans dire un mot.

Le voleur dépourvu alors de solution, se met à crier sur le vendeur, sors son arme qu’il lui pointe sur le front et en une fraction de seconde sans même le comprendre, un bruit se fait entendre, et là, malheur. La balle part et traverse son crâne, en plein entre les yeux. Mais sans savoir pourquoi son regard reste toujours aussi déterminé, même dans l’approche de la mort il ne lâche rien. Ne pouvant pas supporter ce regard, le voleur, appuie alors de nouveau sur la gâchette, et là, non pas un coup ni deux coups mais tire à quatre reprises. Visage, cœur, tout y passe. Sous ces rafales de coup il tombe alors au sol, dans une mare de sang et de débris des vitrines qui ont également explosé sous l’impact des balles.

A peine au sol, l’agresseur lâche alors son arme et se prépare à récupérer son butin. Mais tout d’un coup, il se retrouve figé sur place, son regard passe de la haine a une tristesse profonde. Il tombe alors au sol, se met alors à pleurer, prend alors son arme, la fixe, prend une grande respiration et commet l’irréparable. Il enfonce l’arme dans sa mâchoire et sans réfléchir tire la dernière balle qui restait dans le chargeur. En une fraction de seconde il tombe au sol et rejoint sa victime dans la mort.

Une nouvelle fois, cette scène me donne des frissons d’excitation, le bruit des balles traversant la chair de sa victime, tout ce sang qui imbibent le sol, une envie profonde de récupérer l’arme et de m’en servir comme défouloir me traverse l’esprit un cours instant. Mais je me trouve vite ramené à la réalité par une douleur à la poitrine qui me cloue au sol et en quelques seconde pris de convulsions je m’évanouie de nouveau.

Une fois encore je me réveille dans mon lit, mais quelque me semble suspect. Pourquoi personne n’agit, c’est comme si j’avais affaire à des âmes errantes. En parlant d’âme errante la manière dont ces personnes perdent la vie me perturbe, j’ai le sentiment qu’ils perdent plus que la vie, je ne saurais expliquer mais cette sensation est plus que réelle. En y repensant, j’ai déjà vu des gens mourir par ma main et la sensation ici est différente.

L’espace d’un instant je ressasse mon passé, ce qui m’as amené ici, et je m’en rends compte que les scènes auxquelles j’ai pu faire face ces derniers jours ressemblaient beaucoup à ceux de mon passé. Mais cela doit être un hasard, laissons cela de côté. Il va falloir que je me prépare pour une nouvelle fois trainer dans ce dédale infernal.

Une troisième journée sans incident de ma part, j’approche petit à petit de la rédemption tant attendue. Je ne sais pas si je la mérite réellement au vu de mon passé, mais je me battrai jusqu’au bout pour y arriver.

De retour dans ce sinistre lieu, cette fois je change d’approche, pourquoi éviter tout ce mal quand on peut s’y confronter ? Fuir n’est pas une solution, le combat commence maintenant. Tout en faisant face aux maux qui sévit autour de moi j’avance toujours sans réel but, rien ne semble pour le moment attiré mon attention.  Ce n’est qu’une poignée de minutes plus tard qu’une scène pourtant des moins violente va attirer mon attention. Une bagarre éclate entre deux personnes, un classique ici mais celle-ci pour des raisons obscures ont attiré mon attention et une fois de plus me laisse de marbre tel une statue. Que va-t-il réellement se passer

Les échanges de coups se font entre les deux hommes, chacun rendant coups pour coups. Outre les coups des échanges verbaux se font et je comprends par leur discussion, ou plutôt leur dispute que ces deux personnes sont proches, probablement des amis.  Je ne sais pas ce qui peut amener deux amis a se batte de la sorte, mais aucune des deux parties n’est dans la retenue.

Plus les secondes passent plus les coups deviennent violents, en y regardant de plus près on distingue chez l’un de ses homme une colère puissante mais une légère retenue. Il se défends, mais cherche à ne pas commettre de geste insensé. Ce qui n’est pas le cas pour le second, en lui je ressens une haine, une colère véritable, il lui veut réellement du mal. Ses coups n’ont aucunes limites, c’est à croire que le mal a pris le dessus.

Et au cours de cette brève réflexion quant à la situation celle-ci bascule d’un coup d’une bagarre entre deux hommes à un lynchage d’une violence sans précédent. L’homme amer prend le dessus et réussis a acculé son ami au sol. Une fois au sol, j’ai compris que c’en été fini... Je ne voulais pas voir cette scène qui me rappelle trop un souvenir mais il m’est impossible de décrocher le regard.

L’homme mis au sol se retrouve ruée de coups, son visage se retrouve défiguré par les coups.  Le bruit des coups résonnant sur son et le brisant petit a petit, le sang jaillissant de ses yeux, sa bouche ou encore son nez montrent la barbarie qu’il subit. Et concernant son ami empli de haine, même si chaque os de chacun de ses doigts partait petit à petit en miette, il ne semblait pas ressentir la douleur. Une seule et unique chose va le calmer…le dernier souffle de celui envers qui son amertume ne se consumait pas.

A force d’abattre sa rancœur sur le corps a peine méconnaissable de son ami, il fini par le faire taire définitivement. Mais lui qui pensait qu’une fois son but atteint il se calmerais, la situation était bien différente. Même mort, même sans vie, il continuait encore, encore et encore à frapper de toute ses forces sur un corps déjà inerte. Après plusieurs minutes de coups inarrêtable, il me semble au loin que ce concentré de haine commence petit à petit à s’évaporer laissant place à un sentiment de culpabilité. Il se rend compte qu’il avait mis fin a la vie de son ami.  Contrairement aux deux premiers cas, il n’a pas ressenti de plaisir après son acte, la culpabilité a pris directement le relais.

Un malheur en entraine un autre, ayant perdu son ami, et son humanité, il regarde autour de lui et trouve une corde. Sans un bruit, il récupère la corde, le lance sur un panneau, récupère l’autre bout, fait un nœud, passe sa tête et avec une dernière larme qui glisse le long de sa joue, se laisse pendre.

La situation me glace le sang, j’en reste bouche bée. Pour une fois je ne ressens aucune envie malsaine, aucune pulsions qui me parcours le corps, juste une peine sans précédent, un chagrin indescriptible empli mon cœur, comme si j’avais perdu une partie de moi-même.

Petit à petit, mon corps se relâche, je tombe par terre, les larmes ne cessent de couler, je ne comprends pas ce qui se passe. Pourquoi tant de peine me ronge le cœur ?. Recroquevillé au sol, je finis par m’évanouir de nouveau.

Ce dernier réveil est très difficile, la peine ne quitte pas mon esprit, mon cœur est lourd, cette sensation est horrible, elle me ronge au plus profonde mon âme. En y repensant de plus près ces événements me semblent familiers. Ces histoires font amplement échos à ce passé que je fuis tant bien que mal. Maintenant que j’y repense, la similarité est trop forte pour être un hasard.

En pleine rédaction de ma précédente journée, je prend conscience que les choses ne sont pas si hasardeuses. Chacune de ces histoires me rappelle une partie bien trop sombre de mon passé. Plus j’écris, plus la situation s’éclairci, et ma situation est bien différente que celle qui j’imaginais.

La sensation d’oppression constante, la foule n’agissant pas à ces situations, ces situations similaires à mes actes passés. Et surtout ce pari avec le diable. Le diable ne fait aucune faveur, cela se saurait.  Tout est clair désormais, je ne suis pas sorti de l’enfer, j’y suis encore bel et bien présent en ce lieu, je dirai même que je suis dans mon propre enfer, et jamais je n’en sortirai réellement. Toutes ces atrocités, je ne le sais trop bien ce qu’elles représentent, ce n’est nul autre que le reflet de mes propres crimes.  Moi qui cherchais à recommencer tout à zéro, tout mettre de côté, je ne le pourrais jamais, ces actes que j’ai commis me suivrons à jamais.

Aujourd’hui je vais devoir expier mes propres crimes, j’en ai tellement fait que je le mérite amplement ce châtiment. Et dire que tout cela avait commencé par une simple discute avec lui, qui était comme un frère pour moi. Je l’ai perdu, devant mes yeux, il est mort de mes propres mains. Comment j’ai pu en arriver là ? Cette colère, cette rage qui m’as animé à ce moment-là, m’as changé à tout jamais.  Et que dire de la suite…, je me suis laissé embarqué par ce sentiment, par cette rage.

Et dire que tout aurait pu s’arrêter la mais encore une fois ce sentiment as pris le contrôle de mon corps, dans ma fuite, interpellé par un gendarme, je me suis débattu, et dans ce chahut j’ai de nouveau commis l’irréparable j’ai récupérer son arme et la…j’ai appuyé à de nombreuses fois sur la gâchette. Pourquoi ? je ne sais pas. Des pulsions incontrôlables probablement.

Mais je doute fort que cela soit de simples pulsions car des crimes, après celui-ci j’en ai commis beaucoup trop, je prenais un plaisir fou à faire souffrir toutes ces personnes qui croisaient ma route. Je ne compte même plus le nombre de victimes à mon actif.  Mais a tout action implique une conséquence. Malheureusement je n’ai pris conscience de ma folie que lorsque j’ai moi-même perdu un être cher…

IL était jeune et ne le méritais pas, tout comme chacune de mes victimes mais ce n’est qu’a sa mort que j’ai pu prendre conscience de la mort. Mon fils, est mort, car il était lié a moi, un tueur. Et alors que moi je faisais du mal aux autres, d’autres se sont attaqué à mon enfant pour mes crimes. Lui qui n’était en aucun cas l’auteur de tous ces vices à payer pour moi. Ne pouvant plus supporter tout ce mal qui le rongeait, il s’est pendu… il avait laissé un message qui m’était dédier ou il me raconté comment il se sentait, qu’il ne comprenait pas ce mal qui m’habitait mais que malgré tout je resterai à jamais son père, peut importe ce qui s’est passé et ce qui se passera.

Sa mort a entrainé en moi un bouleversement sans précédent, moi le tueur, le mal incarné selon certain, je ressentais de la peine, une peine inconsolable, si seulement je pouvais revenir en arrière et tout changé pour éviter cela je l’aurai fait, tel était la seule chose que je souhaitais. J’étais perdu, plus rien n’avait de sens, ma propre vie n’avais plus d’intérêt.

Plusieurs choix s’offraient à moi, me rendre et subir une peine lourde voir la peine de mort, continuer à fuir…non j’ai choisi une autre solution, mettre fin moi-même à mes jours en espérant pouvoir retrouver dans l’au-delà mon frère. J’ai pris alors une grosse dose de mélange de cachets, je me suis allongé sur mon lit avec dans mes mains une photo, rare photo de mon fils. Mais malheureusement tout ne s’est pas passé comme prévu et me voila en enfer. Je ne pourrais non seulement jamais le rejoindre, mais je suis coincé ici, à revivre encore et encore ces scènes qui m’ont transformé à jamais…. Tel est mon destin mais il me reste une seule chose à faire.

J’ai perdu mon ma vie, mon corps mais mon esprit subsiste dans ces lieux, mais pour totalement expier de mes péchés je n’ai pas le choix…vouloir le pardon ne m’es pas permis, vouloir tout recommencer n’est pas non plus possible mais je peux encore faire une seule chose.  Laisser mon âme partir, j’ai tant pris que payer de mon corps ne suffira pas, je dois sacrifier mon âme.  Mais je ne vais pas faire plaisir a ce démon, et commettre un autre crime. Mon âme sera perdue mais elle ne lui appartiendra jamais.

Ni une ni deux je cherche un moyen pour quitter ce lieu, avant de perdre la tête de nouveau je dois quitter ce lieu infame. En fouillant la chambre je trouve dans un tiroir un pilulier, je ne cherche pas à savoir si la dose mettra fin à mes jours, car j’en ai la certitude que j’ai encore la main mise sur mon âme et que si je souhaite éteindre la flamme de mon âme, je le pourrai. Je prends ce pilulier, vide son contenu dans ma bouche, j’avale sans même chercher de l’eau pour tout faire descendre. Je récupère mon carnet, mon mémoire je le serre dans mes bras, je m’allonge sur le lit et ferme les yeux. Ça y’est je sais que je pars définitivement, je sens que le moment est le bon.

Je ne fais aucun souhait, j’attends juste ce que mérite peut importe ce que cela peut être. J’ai vécu une vie ou j’ai laissé mes sentiments prendre le dessus à chaque instant, j’ai perdu le contrôle pendant de longue année, je ne cherche plus à me faire pardonner, j’ai accepté mes tords peut importe les conséquences aujourd’hui je suis prêt à les assumés.

En ce jour, je disparais peut mais je le fais le cœur apaisé. Je pourrais dire que je pars sans être victime de mes propres émotions. Cela sera mon dernier geste mais il sera le seul depuis bien des années qui sera fait avec le cœur. A toutes ces personnes qui ont péri de mes mains, je vous dis à jamais.

 

 

 

 

 

Le murmure des murs
Etre à l'écoute de tout